domingo, 20 de noviembre de 2016

       GUSTAVO ADOLFO BÉCQUER   
PLAN LECTOR

DAVID NAVAS


RIMA VI
Como la brisa que la sangre orea
sobre el oscuro campo de batalla,
cargada de perfumes y armonías
en el silencio de la noche vaga;
símbolo del dolor y la ternura,
del bardo inglés en el horrible drama,
la dulce Ofelia, la razón perdida
cogiendo flores y cantando pasa.
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RIMA VI
Como la brisa que la sangre orea
Comme la brise que le sang aére
sobre el oscuro campo de batalla,
sur l'obscur terrain de bataille
cargada de perfumes y armonías
chargée de parfums et d'harmonie
en el silencio de la noche vaga;
dans le silence de la nuit elle erre

símbolo del dolor y la ternura,
du symbole de la douleur et de la tendresse
del bardo inglés en el horrible drama,
du barde anglais dans l'horrible drame,
la dulce Ofelia, la razón perdida
la douce Ophélie, la raison perdue
cogiendo flores y cantando pasa.
en cueillant des fleurs et en chantant elle passe.


RIMA VI
Como la brisa que la sangre orea
sobre el oscuro campo de batalla,
cargada de perfumes y armonías
en el silencio de la noche vaga;
símbolo del dolor y la ternura,
del bardo inglés en el horrible drama,
la dulce Ofelia, la razón perdida
cogiendo flores y cantando pasa.
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RIMA IX

 Besa el aura que gime blandamente

Embrasse l'aura qui gémit doucement
las leves ondas que jugando riza;

les légères ondes qui en jouant elle fait moutonner;

el sol besa á la nube en Occidente
le soleil embrasse le nuage dans  l'Ouest
  y de púrpura y oro la matiza;

et de pourpre et d'or l'atténue;
la llama en derredor del tronco ardiente

la flamme autour du tronc ardent
por besar á otra llama se desliza,

pour embrasser une autre flamme se glisse,
  y hasta el sauce, inclinándose á su peso,

et même le saule, en s'inclinant avec son poids,
al río que le besa, vuelve un beso.

à la rivière que l'embrasse,  il ramène un baiser.


 


Rima X
Los invisibles átomos del aire
Les invisibles atomes de l’air
en derredor palpitan y se inflaman;
Autour palpitent et s’enflamment
el cielo se deshace en rayos de oro;
le ciel se défait en rayons d’or
la tierra se estremece alborozada;
la terre frémit joyeuse
oigo flotando en olas de armonía
j’entends  flottant en vagues d’harmonie
rumor de besos y batir de alas;
le rumeur de baisers et le battre d’ailes
mis párpados se cierran... ¿Qué sucede? –
mes paupières se ferment… qu’est-ce qui se passe?
¡Es el amor que pasa!
C’est l’amour qui passe!



RIMA XIII
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Tu pupila es azul, y cuando ríes

ta pupille est bleue et quand tu ris
su claridad suave me recuerda

sa clarté douce me souvient
el trémulo fulgor de la mañana

le tremblotant éclat du matin
que en el mar se refleja.

qui se reflet sur la mer.

Tu pupila es azul, y cuando lloras

ta pupille est bleue, et quand tu pleures
las transparentes lágrimas en ella

les transparentes larmes  en elle

se me figuran gotas de rocío

me ressemblent des gouttes de rosée
sobre una violeta.

sur une violette.

Tu pupila es azul, y si en su fondo

Ta pupille est bleue, et si dans son fond
como un punto de luz radia una idea,

comme un point de lumière émet une idée
me parece en el cielo de la tarde

                                            il me semble dans le ciel du soir                                          
¡una perdida estrella!

une perdue étoile!
ANDREANI

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Rima XXI

¿Qué es poesía?, dices, mientras clavas

C’est quoi de la poésie?,  tu dis  pendant que tu plantes
en mi pupila tu pupila azul,

Sur ma pupille ta pupille bleue.
¡Qué es poesía! ¿Y tú me lo preguntas?

C’est quoi  de la poésie! Et tu me le demandes?
Poesía... eres tú.

De la poésie … c’est toi.

 
RIMA XXII

¿Cómo vive esa rosa que has prendido

Comment vit cette rose-là que tu as attachée
junto a tu corazón?

auprés de ton coeur?
Nunca hasta ahora contemplé en la tierra

Jamais je ne contemplai jusqu'a ce moment dans la terre
sobre el volcán la flor

sur le volcan la fleur.









RIMA XXIII
[A ella. No sé...]

(À elle. Je ne sais pas…)
Por una mirada, un mundo;

Pour un regard, un monde;
por una sonrisa, un cielo;

pour un sourire, un ciel;
por un beso... ¡Yo no sé

pour un baiser.. Je ne sais pas
qué te diera por un beso!

Ce que je te donnasse pour un baiser !
 

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RIMA XVII

Hoy la tierra y los cielos me sonríen;

Aujourd’hui la terre et les ciels me sourient;
hoy llega al fondo de mi alma el sol;

aujourd’hui le soleil arrive au fond de mon âme;
hoy la he visto…, la he visto y me ha mirado…

Aujourd’hui je l’ai vue et elle m’a regardé…



¡Hoy creo en Dios!

Aujourd’hui je crois en Dieu !
https://drive.google.com/open?id=0B1-RjjUKqeMwWVo4X2Ffc2lIVnM











RIMA  XXVIII

Los suspiros son aire y van al aire!

Les soupirs sont de l’air et ils vont à l’air !
¡Las lágrimas son agua y van al mar!

Les larmes sont de l’eau et elles vont à la mer !
Dime, mujer, cuando el amor se olvida

Dis moi, femme, quand l’amour s’oublie
¿sabes tú adónde va?

sais-tu où il  s’en va ?
 

RIMA LX
ÁNGEL FERNÁNDEZ
Mi vida es un erial:
Ma vie est une friche:
flor que toco se deshoja;
la fleur que je touche elle s’effeuille;
que en mi camino fatal,
que dans mon chemin fatal
alguien va sembrando el mal
quelqu’un va en semant le mal
para que yo lo recoja.
pour que je le cueille.


Asomaba a sus ojos una lágrima
Une larme apparaissait  dans ses yeux
y a mi labio una frase de perdón;
et à mon lèvre une phrase de pardon
habló el orgullo y se enjugó su llanto
l’orgueil parla et elle essuya ses pleurs
y la frase en mis labios expiró.
et la phrase sur mes lèvres s’éteignit
Yo voy por un camino, ella por otro;
Je vais par un chemin et elle va pour un autre ;
pero al pensar en nuestro mutuo amor,
mais quand je pense à notre amour,
yo digo aún: «¿Por qué callé aquel día?»
je dis encore :  « pourquoi je tuai ce jour là ? »
Y ella dirá: «¿Por qué no lloré yo
Et elle dira : « pourquoi je ne pleurai pas ? »



Rima XXXV

¡No me admiró tu olvido! Aunque de un día,      

Il ne m’admira pas ton oubli! Bien que d’un jour
me admiró tu cariño mucho más;

m’admira ta tendresse beaucoup plus
porque lo que hay en mí que vale algo,

car ce qu’il y a en moi qui vaut quelque chose
eso... ni lo pudiste sospechar.

cela…. Tu ne le  pu pas suspecter.
 

Rima XLIV

Como en un libro abierto

Comme un libre ouvert
leo de tus pupilas en el fondo.

je lis de tes pupilles dans le fond.
¿A qué fingir el labio

Pourquoi feindre  du lèvre
risas que se desmienten con los ojos?

des rires qui se démentent avec les yeux ?
¡Llora! No te avergüences

Pleure! N’aie pas honte
de confesar que me quisiste un poco.

d’avouer que tu m’aimas un peu.
¡Llora! Nadie nos mira.

Pleure! Personne ne nous regarde.
Ya ves; yo soy un hombre... y también lloro.

Tu vois; je suis un homme… et je pleure aussi.


 
RIMA   XLI

Tú eras el huracán y yo la alta
Tu étais l’ouragan et moi, j’étais la haute
torre que desafía su poder:
tour qui défie son pouvoir :
¡tenías que estrellarte o abatirme!…
tu devais t’écraser ou t’abattre
¡No pudo ser!
Ça ne fût pas possible !
Tú eras el Océano y yo la enhiesta
Tu étais l’océan et moi, j’étais le dressé
roca que firme aguarda su vaivén
rocher qui solide attend son va-et-vient
¡tenías que romperte o que arrancarme!…
tu devais te rompre ou m’arracher !...
¡No pudo ser!

Ça ne fût pas possible !
hermosa tú, yo altivo; acostumbrados
belle, toi, moi hautain; habitués
uno a arrollar, el otro a no ceder;
l’un à écraser, l’autre à ne pas  céder
la senda estrecha, inevitable el choque…
le sentier étroit, inévitable la collision…
¡No pudo ser!

Ça ne fût pas possible !
                                                                         



Volverán las oscuras golondrinas
Les obscures hirondelles reviendront
en tu balcón sus nidos a colgar,

sur  ton balcon suspendre leurs nids
y otra vez con el ala a sus cristales

et une autre fois avec l’aile sur leur vitres
jugando llamarán.

en jouant elles frapperont.
Pero aquellas que el vuelo refrenaban

Mais celles-là qui le vol réfrénaient
tu hermosura y mi dicha a contemplar,

ta beauté et mon bonheur pour contempler,
aquellas que aprendieron nuestros nombres...

celles-là qui apprirent nos prénoms…
¡esas... no volverán!.

Celles-là… elles ne reviendront pas !
Volverán las tupidas madreselvas
Reviendront les chèvrefeuilles épaisses
de tu jardín las tapias a escalar,

escalader de ton jardin les murs,
y otra vez a la tarde aún más hermosas

et une autre fois au soir plus belles encore
sus flores se abrirán.

ses fleurs elles ouvriront.
Pero aquellas, cuajadas de rocío

Mais celles-là, caillées de rosée,
cuyas gotas mirábamos temblar

dont les gouttes nous regardions trembler
y caer como lágrimas del día...

et tomber comme des larmes du jour...
¡esas... no volverán!

celles-là… elles ne reviendront pas!
Volverán del amor en tus oídos
Elles  reviendront de l’amour à tes oreilles
las palabras ardientes a sonar;

sonner les mots ardents;
tu corazón de su profundo sueño

ton cœur de ton profond sommeil
tal vez despertará.

peut-être qu’ il éveillera
Pero mudo y absorto y de rodillas

Mais muet et absorbé et à genoux
como se adora a Dios ante su altar, ...

comme on adore Dieu devant son autel…
como yo te he querido...; desengáñate,

comme je t’ai aimée…; déchante-toi,
¡así... no te querrán!

comme ça… ils ne t’aimeront pas!

 
RIMA XLVII
Yo me he asomado a las profundas simas
j'ai regardé aux profonds gouffres
de la tierra y del cielo,
de la terre et du ciel
y les he visto el fin o con los ojos
et je les ai vus le bout avec les yeux
o con el pensamiento.
ou avec la pensée
Mas ¡ay! de un corazón llegué al abismo
Mais, aie, d’un cœur j'arrivai à l’abime
y me incliné por verlo,
Et je m’inclinai pour le regarder,

y mi alma y mis ojos se turbaron:
et mon âme et mes yeux se tombèrent :
¡Tan hondo era y tan negro!
Aussi profond était et aussi noir !



RIMA  LXV

Llegó la noche y no encontré un asilo;
La nuit arriva et je ne trouvai pas un asile;
¡y tuve sed!… Mis lágrimas bebí;
et j'eus soif... je bus mes larmes;
¡y tuve hambre! ¡Los hinchados ojos
et j'eus faim! les gonflés yeux
cerré para dormir!

je fermai pour dormir!
¡Estaba en un desierto! Aunque a mi oído
J'étais dans le desert! Même si à mon oreille
de las turbas llegaba el ronco hervir,
des  tourbes arrivait le rauque bouillir;
yo era huérfano y pobre… ¡El mundo estaba
j'étais orphelin et pauvre... Le monde était
desierto… para mí!

desert... pour moi!

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RIMA LXVI
De dónde vengo?… El más horrible y áspero
Je viens d'où?... le plus horrible et  rugueux
de los senderos busca:
 des  sentiers cherche;
las huellas de unos pies ensangrentados
les traces des pieds ensanglantés
sobre la roca dura;
sur le rocher dur;
los despojos de un alma hecha jirones
les dépouilles d'une âme mise en lambeaux
en las zarzas agudas
sur les ronces aigues
te dirán el camino
ils te diront le chemin
que conduce a mi cuna.
qui conduit à mon berceau.
¿Adónde voy? El más sombrío y triste
Je vais où? Le plus sombre et triste
de los páramos cruza;
des steppes traverse;
valle de eternas nieves y de eternas
des vallées d'éternelles neiges et d'éternelles
melancólicas brumas.
mélancoliques brumes.
En donde esté una piedra solitaria
Où se trouve une pierre solitaire
sin inscripción alguna,
sans aucune inscription
donde habite el olvido,
où habite l'oubli,
allí estará mi tumba.
là-bas sera ma tombe.





Podrá nublarse el sol eternamente;
il pourra s'obscurcir le soleil éternellement
podrá secarse en un instante el mar;
il pourra se sécher sitôt la mer;
podrá romperse el eje de la tierra
il pourra se rompre l’axe de la terre
como un débil cristal.
comme un fragile cristal.
¡Todo sucederá! Podrá la muerte
Tout cela arrivera! Pourra la mort
cubrirme con su fúnebre crespón;
me couvrir avec son funèbre bandeau;
pero jamás en mí podrá apagarse
mais  jamais en moi il pourra s’éteindre
la llama de tu amor.
la flamme de ton amour.